Thomas VOECKLER : (hésitations). Je suis... hyper satisfait. Je viens en quelques jours de remporter une course par étape et une course du pro-tour. J'ai retrouvé le chemin, le goût de la victoire après mon Paris-Bourges victorieux en 2006.
V.C : Aviez-vous ces deux courses comme objectif ?
T.V : Le tour de Poitou – Charente était un objectif. Une course généralement ventée et un chrono final pas trop long pouvaient me convenir. J'avais de bonnes sensations à l'entraînement. Mais gagner le grand prix de Plouay, non je ne m'y attendais pas.
V.C : Quelle devait être la stratégie de l'équipe lors de ce grand prix ?
T.V : L'équipe avait prévu, en cas d'arrivée au sprint, de protéger Matthieu SPRICK ( 6ème ). Nous ne nous sommes pas trompés sur la physionomie de la course puisque prés de 80 coureurs sont arrivés pour la gagne. Ou presque. L'équipe Bouygues Telecom a fait la course parfaite. Réussir une telle course n'arrive pas souvent. Laurent LEFEVRE a fait la course en tête puis Pierrick FEDRIGO est parti en contre. Je n'ai eu qu'à finir ce travail collectif.
V.C : Votre attaque était-elle programmée ?
T.V : Dans la dernière bosse, j'avais les jambes pour suivre les attaques qui allaient inévitablement se produire. J'ai vu l'attaque d'Amaël MOINARD mais je ne l'ai pas suivi. Je savais qu'il fallait attendre le sommet de la côte de Ty -Marrec. Attendre le moment opportun, celui où les coureurs éprouvent le besoin de souffler.
V.C : Avez-vous revu les images à la télévision ?
T.V : Non, je n'en ai pas eu l'occasion et je le regrette. Il paraît qu'il y a un site Internet sur lequel il est possible de les visionner. Je vais essayer de le faire ce soir.
V.C : Comment avez-vous fait pour sortir à cette vitesse ?
T.V : Je crois que ce sont les acquis du tour de France. J'ai pris en août trois semaines où je n'ai pas couru. J'ai pris le temps de récupérer tant sur le plan mental que physique. Je me suis bien entraîné et la semaine précédant le tour de Poitou – Charente, j'ai effectué beaucoup d'exercices en intensité.
V.C : Jusqu'à quelle pulsation cardiaque êtes-vous monté pendant votre effort dans le final ?
T.V : Je suis monté à 185 pulsations. Ma vitesse maximale a été proche de 70 km/h dans le faux plat descendant qui se situe juste avant le virage à gauche qu'il faut négocier avant d'atteindre la ligne droite d'arrivée. Mais vous savez, lors de la première étape du tour Poitou – Charente, je suis monté à plusieurs reprises aux alentours de 190 pulsations par minute et ce plusieurs fois dans la journée. Le fait d'avoir consenti à 4 jours d'efforts m'a permis de pouvoir faire redescendre mon rythme cardiaque lors d'un effort maximal.
V.C : Quel était l'état d'esprit de l'équipe lors de ce grand prix de Plouay ? Etait-il revanchard ?
T.V : Il est certain qu'en comparaison de l'année dernière où nous nous étions imposé sur la Classica San Sébastian ( victoire de Xavier FLORENCIO ), d'une étape sur le tour ( à Gap et victoire de Pierrick FEDRIGO ) et d'une étape lors du pays basque, nous n'avions pas encore remporté en début août de course de haut niveau. Cette année, on s'impose avec Pierrick sur le tour du Limousin et avec moi sur celui du Poitou – Charente puis au grand prix de Plouay. Nous étions motivés ce dimanche mais pas revanchards. Ces victoires sont peut-être dues à une spirale victorieuse ?
V.C : Avez-vous fêté hier soir votre victoire ?
T.V : Le temps de répondre aux obligations du protocole et à ceux du contrôle anti-dopage, le temps m'était compté. Mais toute l'équipe m'attendait au bus et comme j'avais gagné un magnum de champagne, nous avons partagé une petite coupe ensemble. La saison n'est pas finie. Nous aurons le temps de fêter cette victoire et les autres lors du premier stage de préparation hivernale.
V.C : Quel sera votre programme à venir ?
T.V : Je vais participer au tour de Pologne puis au grand prix de Wallonie et à celui d'Isbergues. J 'espère être sélectionné pour les championnats du monde. Je finirai ensuite ma saison par Paris – Bourges et par Paris – Tours.
V.C : Savez-vous quel est votre nombre de jours de course depuis le début de la saison ?
T.V : J'en étais à 57 avant le tour de France, du moins je crois. Aujourd'hui, je dois être proche de 80 jours de course. Mais ce n'est pas important pour moi. Je ne fais le compte qu'en fin de saison. Depuis que je suis professionnel, je me réfère au calendrier. Il faut relativiser le nombre de jours de course. D'autant plus que certains jours de course sont difficiles, d'autres moins. Je me fie surtout à mes sensations lors de l'entraînement.
V.C : Pensez-vous être sélectionné pour les championnat du monde ?
T.V : J'ai pu discuter avec Frédéric MONCASSIN. Si je garde une forme équivalente à celle que j'ai aujourd'hui, il n'y aura pas de problème. Mais je ne veux pas d'assurance quant à ma sélection. Mon programme de course est établi et je vais sur ces courses pour gagner et non pas pour me préparer pour les championnats du monde. Je ne suis pas BETTINI ou VALVERDE qui se préparent spécifiquement pour cette course.
V.C : Si vous êtes sélectionné, pourriez-vous prétendre à un statut de coureur protégé ?
T.V : L'année dernière, j'ai fait parti de l'échappée du jour. Je ne crois pas qu'en France, nous ayons aujourd'hui un coureur apte à lâcher tout le monde dans la dernière bosse. Je ne prétends donc pas à un statut de coureur protégé.
V.C : Pourtant vous semblez avoir les caractéristiques d'un coureur de circuit ?
T.V : Ces caractéristiques, on les a ou on ne les a pas. Les coureurs de courses par étapes sont ceux qui ont des facultés de récupération meilleures que les autres. Il semble qu'effectivement, je sois plus à l'aise sur les courses en circuit. Lors de mes entraînements, si je me sens bien, j'en rajoute y compris des exercices d'intensité. Sinon, j'en fais moins. Je commence à bien me connaître.
V.C : Vous entraînez-vous seul ou vous appuyez-vous sur les compétences d'un entraîneur ?
T.V : Non, je m'entraîne seul depuis que je suis professionnel. Peut-être aurais-je pu prétendre à d'autres résultats si j'avais pu bénéficier d'un entraîneur ?
V.C : Quel bilan faîtes-vous de votre tour de France ainsi que de celui de l'équipe BOUYGUES TELECOM ?
T.V : Le bilan n'est pas très bon. Nous avons couru en contre temps. Seul Laurent LEFEVRE est à créditer d'un bon tour. Il a porté haut les couleurs de l'équipe. Quant à moi, j'avais pourtant des bonnes jambes mais elles ne m'ont pas suffit pour prendre les bons coups. Le climat de ce tour me laisse également un goût amer. Heureusement que les tricheurs ont été pris. Je préfère avoir vécu tout cela que de faire semblant que tout va bien dans le cyclisme.
V.C : Que peut-on vous souhaiter pour cette fin de saison ?
T.V : (rires) Que cette réussite se prolonge chaque semaine.
V.C : Aimez-vous le rugby ?
T.V : Je ne le suis pas comme le football mais je prendrai plaisir à regarder les matchs de la coupe du monde.
V.C : Quelles équipes de football supportez-vous ?
T.V : Comme je suis alsacien, celle de Strasbourg puis aujourd'hui, du fait de mon adresse, celle de Nantes.
V.C : Si vous n'aviez pas pratiquer tôt le vélo, quel sport auriez-vous aimé à faire ? Le football ?
T.V : J'aurais du mal à vous répondre. J'aime tous les sports et je prends plaisir à les regarder.
V.C : Quel pays va remporter la coupe du monde de rugby ?
T.V : J'ai peur de n'être pas original mais je vois bien une équipe de l'hémisphère sud. Les All-Blacks certainement.



