Le dimanche 27 janvier prochain, l'espoir de Francis MOUREY, l'adhérent de l'ASPTT Mulhouse, le coureur de la Française des Jeux, l'homme qui aime le cyclo cross, pourrait prendre forme. Lequel ? Celui de devenir champion du monde ! A Trévise en Italie.
Il est prêt comme jamais il ne l'a été. Trois fois champion de France (2005, 2007 et 2008), ce maillot irisé, il en a rêvé souvent. Il sait qu'il est attendu par ses adversaires, par les membres de l'équipe de France, par ses amis, par ses coéquipiers de la FDJ, par Marc MADIOT et par Martial GAYANT(que je remercie) mais aussi par les Français et par sa famille.
Il est prêt. Le compte à rebours a commencé. Dans quelques jours et une heure de course, il saura. Nous saurons.
Que la course soit belle. Que notre champion le devienne et que le cyclo cross, discipline exigeante et cathodique, crève l'écran et le c½ur des passionnés de la petite reine. Vive le roi Francis !
« J'ai toujours rêvé d'être champion du monde ! »
Vélo-Club.Net : Dans quel état d'esprit êtes-vous à quelques jours de ce championnat du monde ?
Francis MOUREY : Le mental et le physique sont au rendez-vous. Je ne veux plus maintenant trop en faire. Ne pas tomber malade non plus. Je me contente de faire un peu de foncier sur route. Trois heures par jour. Un peu de technique également en sous-bois.
V.C : Quels types d'exercices faites-vous ?
F.M : Des accélérations courtes sur surfaces planes ou montantes. Des grimpées sèches en pourcentage et de la course à pied. Quelques séances de portage naturellement.
V.C : Pourquoi avoir choisi cette discipline exigeante qu'est le cyclo cross ?
F.M : C'est la passion qui m'anime. Elle est née en 1995. Quand j'ai commencé le vélo sur route, il fallait combler l'hiver. Le cyclo cross m'a plu tout de suite.
V.C : En quoi cette discipline vous plait ?
F.M : L'ambiance est différente de celle du vélo sur route. C'est une ambiance familiale. Tout le monde se connaît et partage des moments fabuleux, à commencer par le repérage du circuit et la remise des prix en fin de journée. En cyclo cross, les adversaires sont aussi des amis. Ce n'est pas toujours le cas lors des épreuves sur route.
V.C : Quels seront vos principaux adversaires ?
F.M : Les Belges, des Hollandais et des Tchèques. Des noms ? Lars BOOM et Bart WELLENS.
V.C : Quelle stratégie souhaiteriez-vous mettre en place ?
F.M : Plusieurs paramètres sont à prendre en compte. Le temps et mes adversaires par exemple. Je m'adapterai en fonction de ces vecteurs inconnus. C'est un de mes points forts. Je suis réactif. D'autre part, je suis puissant et je passe bien les buttes.
V.C : Connaissez-vous le parcours ?
F.M : J'ai gagné la dernière épreuve disputée sur ce parcours à Trévise. C'était une épreuve de coupe du monde 2007. Ce parcours long de 2,8 km est roulant. Il comprend 3 bosses à déclivité de 20%, longues chacune d'une centaine de mètres, courtes et douloureuses. La sélection devrait se faire sur ces difficultés. Sinon, il y aura aussi des sections de course à pied.
V.C : Que ferez-vous en arrivant à Trévise ?
F.M : J'arriverai en Italie le jeudi 23 janvier. Mon emploi consistera à rouler un peu le jour même puis reconnaître le parcours vendredi. Le samedi, entre les compétitions, je compléterai cette reconnaissance.
V.C : Après le championnat du monde, quel sera votre calendrier ?
F.M : J'aurai encore deux cyclo cross à parcourir les deux week-end suivants. Puis je couperai pendant 15 jours et je commencerai ma saison sur route.
V.C : Avec quel objectif ?
F.M : Celui de gagner et d'aider mon équipe à le faire. Ma première course devrait être en février le Tour de Sardaigne. Encore l'Italie. A condition que l'organisateur invite la FRANCAISE DES JEUX. Sinon, ma première course devrait être en Belgique, les 5 ou 6 mars prochains.
V.C : Quelle course aimeriez-vous gagner ?
F.M : L'Amstel Gold Race ou Paris-Roubaix. L'Enfer du Nord, je l'ai couru quatre fois et je ne l'ai jamais terminé. Deux fois, j'ai dû donner ma roue à mes leaders. Les autres fois, soit je n'étais pas dans le coup soit j'ai explosé dans les 20 derniers kilomètres.
V.C : Quel est votre rêve cycliste ?
F.M : Celui de devenir champion du monde de cyclo cross. J'en rêve depuis longtemps. Mais quelque soit ma course à venir, je n'aurai pas de regret. Je suis prêt.
V.C : Votre famille vous accompagne-t-elle ?
F.M : Non et je le regrette. Elle regardera la course sur les chaînes de télévision... étrangères. A moins que je ne devienne champion du monde.